Des toilettes autogérées par des handicapés
Des toilettes autogérées par des handicapés
Et encore une PQ News, du site l'express.mu
Des toilettes autogérées par des handicapés
Les toilettes publiques situées au troisième étage du New Magic Lantern sont payantes et quasiment autogérées par des handicapés physiques. Ming Chen, directeur de la Librairie Le Cygne Ltée, considère qu’il faut traiter les handicapés de la même manière que les bien portants. Il a eu l’occasion de mettre cela en pratique dans l’immeuble qui appartient à sa famille.
Depuis février, Marie-Claire Anthoo, atteinte de poliomyélite et âgée de 42 ans, mère de deux enfants, qui souhaitait ardemment travailler, a enfilé la veste de Madame Pipi. Au départ, elle rechignait à l’idée de nettoyer les toilettes, malgré que la totalité des droits d’accès, soit Rs 10 par entrée, leur revienne. Elle a changé d’avis quand elle a vu la modernité du complexe. “On dirait l’Europe”, confie-t-elle. Et puis, avoue-t-elle, Ming Chen la traite avec dignité.
“Ma tâche n’est pas simplement de nettoyer les toilettes ou de veiller qu’elles soient toujours approvisionnées en papier. J’ai un comptoir devant lequel je suis assise et je note le nombre d’accès. Et pour ne pas m’ennuyer, j’ai demandé du travail supplémentaire. J’emballe des feuilles de papier dans du plastique. J’ai vraiment l’impression d’être dans un bureau”, raconte-t-elle.
Un autre handicapé physique a été posté à l’ascenseur pour orienter les visiteurs du complexe. Le troisième, Mootoosamy Irisan, un quadragénaire privé de sa jambe à 15 ans dans un accident de la route, est affecté au parking. Grâce à “Vivre Debout”, il a non seulement appris la reliure mais s’est aussi piqué pour le tennis. Si bien qu’il est le champion de tennis sur fauteuil roulant depuis les quatre dernières années.
Cet emploi au New Magic Lantern lui permet de ne plus dépendre de la générosité familiale. Il se dit “très à l’aise” dans cet emploi où “l’environnement est sain ” et où, “nous sommes traités comme des personnes normales”. Et si demain, il doit nettoyer les toilettes, il ne s’en sentirait pas diminué.
Jusqu’à présent, les droits d’accès n’ont servi qu’à renouveler le stock de détergents et de papier hygiénique. Ming Chen y pallie en les rétribuant. Il est certain que dans un avenir proche, la somme recueillie permettra à ces trois personnes d’autofinancer leur petite entreprise de nettoyage de toilettes.
L’idée d’employer des handicapés a germé lors de l’élaboration du plan du complexe New Magic Lantern sur l’emplacement de l’ancien ravagé, il y a cinq ans, par un violent incendie. Ming Chen a pu inclure un projet pour handicapés : ces derniers pourraient opérer les toilettes comme une petite entreprise qui s’autogérerait à terme. “J’ai contacté le ministère de la Sécurité sociale qui m’a référé au Training and Employment of Disabled Persons Board. Cet organisme a sélectionné trois handicapés physiques qu’elle avait, au préalable, formées.”A son avis, “ces employés pourraient même monter leur petite société qu’ils pourraient nommer Handiclean Co. Ltd. Société qui pourrait être répliquée à l’échelle nationale, dans les stades de foot ou encore à l’hôtel du gouvernement”. Pourquoi pas en effet…
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