Arbre à papier toilettes
Greenpeace invite les consommateurs à voir plus loin que le bout de leur nez au moment d’acheter des papiers-mouchoirs et autres papiers jetables. En effet, certains fabricants seraient moins regardants que d’autres lorsqu’il s’agit de protéger nos forêts anciennes.
Mon beau sapin
La forêt boréale canadienne s’étend de Terre-Neuve jusqu’au Yukon. Elle abrite des centaines d’espèces d’animaux sauvages, comme l’orignal, le caribou, le lynx et l’ours, de même qu’un pourcentage important des oiseaux chanteurs et des oiseaux aquatiques du pays. Les arbres qui la composent absorbent de grandes quantités de carbone et contribuent à la lutte contre les changements climatiques. Bref, en matière de biodiversité et de protection contre les gaz à effet de serre, la forêt boréale canadienne est l’Amazonie du Nord.
Hélas, certains fabricants ne voient pas d’inconvénient à la transformer en papier de toilette, essuie-tout, papiers-mouchoirs et serviettes de table. L’un des premiers coupables : Kimberly-Clark, fabricant des produits de marque Kleenex et le plus grand producteur de papiers jetables au monde.
Dans ses usines, Kimberly-Clark n’utilise que 19 % de fibres recyclées, qui se retrouvent dans les papiers jetables destinés aux établissements de type commercial et immeubles à bureaux. Aucune matière recyclée n’est utilisée dans ses produits Kleenex vendus dans les épiceries. Ceux-ci sont entièrement faits de fibres vierges provenant notamment de la forêt boréale canadienne.
Greenpeace, qui mène une campagne de dénonciation et de boycottage des produits Kimberly-Clark depuis novembre 2004, lui demande :
• d’augmenter le pourcentage de fibres recyclées dans ses produits,
• de ne plus utiliser de fibres vierges provenant de forêts menacées et
• d’utiliser plutôt des fibres vierges de forêts «certifiées» par l’organisme FSC (Forest Stewardship Council).
Lorsqu’une forêt est «certifiée» en bonne et due forme, on sait qu’elle est exploitée dans le respect de l’environnement et qu’elle ne fait pas partie des forêts anciennes à protéger.
Une certification qui laisse à désirer?
Dans son rapport 2004 sur le développement durable, Kimberly-Clark signale avoir utilisé 3,1 millions de tonnes métriques (soit plus de 3 milliards de kilos ou près de 7 milliards de lb) de fibres vierges, dont environ 72 % provenaient de forêts «certifiées».
Le hic, selon Greenpeace, c’est que Kimberly-Clark s’approvisionne principalement dans des forêts certifiées par des organismes de certification complaisants, comme la SFI (Sustainable Forest Initiative). Il faut savoir que la SFI est un programme de l’ American Forest & Paper Association, qui est une association de défense des intérêts des forestiers.
La SFI se targue de planter deux arbres pour chaque arbre abattu. Encore là, le hic, c’est que les arbres replantés respectent rarement la composition de la forêt originale. Les nouvelles essences utilisées peuvent ne pas être aussi propices que les anciennes pour accueillir la faune diversifiée de départ.
Quelles marques choisir alors?
Greenpeace recommande les produits de marque Earth Friendly Products et Seventh Generation, qu’on trouve dans les magasins d’aliments naturels. Sinon, la compagnie Cascades, qui est le deuxième fabricant de papiers jetables au Canada, s’est engagée à respecter les principes de protection des forêts anciennes d’ici 2007. Metro/Briska et Super C ont pris le même engagement, sauf pour ce qui est de leurs papiers-mouchoirs.
Fondé en 1971 par douze Canadiens de la Colombie-Britannique, cet organisme lutte de manière pacifique contre l’injustice et la dégradation de l’environnement. En 1986, Greenpeace a été mis en nomination pour le Prix Nobel de la paix, pour souligner son oeuvre prônant la non-violence.
Source : french.epochtimes.com