Gérante de toilettes

Publié le par Jammiii

     Sans complexe, elle vaque à son occupation quotidienne. Hier propriétaire d’un salon de coiffure, puis d’un restaurant, Laura qui se retrouve dans les toilettes publiques aujourd’hui, pense que la femme ne doit plus attendre l’aumône de la part des hommes.


     Par cette matinée maussade de mercredi, l’ambiance est quelque peu habituelle devant une banque au quartier Hippodrome à Yaoundé. Les gens vont et viennent. La fine pluie qui tombe de façon intermittente ne semble gêner personne. A l’entrée de l’une des deux portes d’une petite maison, une femme est assise. Laura O. comme elle se fait appeler ici avoisine la quarantaine. Le teint noir et le port altier. Tout au long de la journée, elle s’occupe de ses clients. Qui n’a jamais été contrarié par une indigestion subite ou une diarrhée en plein centre ville ! Ni ressenti le pressant besoin de se mettre à l’aise étant à un mauvais endroit ! “ Je fais ce travail depuis trois ans. Je n’ai pas de complexes dans la mesure où il me permet de vivre, de résoudre mes problèmes et d’élever mes enfants ”, affirme fièrement cette divorcée, mère de quatre enfants à charge, dont l’aînée prépare un Bts.

Une clientèle variée

     Le client qui entre ici débourse une somme de 50 f pour chaque allée. Ce qui lui donne droit à un morceau de papier hygiénique et de l’eau. Par jour, elle utilise deux à trois rouleaux de papier hygiénique. A la sortie du client, la gérante passe un coup de serpillière ou un seau d’eau. “ Quand le travail marchait bien, je rentrais avec 3 à 4000 f par jour. Maintenant, il n’y a plus de clients, mais je ne manque pas mes 2000 f par jour. ”, confie Laura. Pour toutes dépenses, elle doit payer une facture d’eau qui s’élève à environ 6000f et les frais d’ électricité qui ne représentent pas grand-chose. C’est ainsi qu’à la fin du mois elle se retrouve avec environ 50.000 f. En plus des toilettes, Laura fait du magasinage. Les vendeurs des environs y gardent leurs matériels de travail : parapluies, barbecues, journaux, bancs, tabourets, moyennant chacun une somme de 1000 f par mois. Ils sont une dizaine pour le moment. “ Cet argent me permet de manger sans toucher à ma recette quotidienne. ”
“ Je ne rencontre pas de problèmes en tant que tel. Mais certains clients sont de mauvaise foi. Après avoir fait leurs besoins, ils trouvent que 50 f c’est cher. Alors ils me proposent 25 f, d’autres ne payent même pas. Quand je suis de bonne humeur, je ne fais pas d’histoire. Je le laisse partir ”, se plaint Laura.

     Les toilettes publiques sont une propriété de la Communauté urbaine de Yaoundé. En ce qui concerne les modalités d’acquisition, elle dit ne rien savoir. C’est son oncle qui s’en occupe. Depuis le mois d’avril 2005, il lui a dit qu’elle devenait propriétaire. Ce qu’elle a accepté avec plaisir, sans trop se poser de questions. Hier propriétaire d’un salon de coiffure, puis d’un restaurant, Laura qui se retrouve dans les toilettes publiques aujourd’hui, pense que la femme ne doit plus attendre l’aumône de la part des hommes. “ je compte d’abord sur moi-même, avant de compter sur les autres. ” 

Par Blandine Sylvie MBOUKENG
Le 23-09-2005

Source : Le messager
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Publié dans Papier Q News

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L
Sans rire c'est un profession tout ce qu'il y a de plus noble !<br /> J'ai cru en tuer plusieurs lorsqu'elles me demandaient 2 francs alors que j'avais qu'une envie c'était de faire vidange, mais j'ai toujours respecté les dames pipi !<br />
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