Les parents partent en guerre
Lattes (Hérault) DE NOTRE CORRESPONDANT
COLLEGE GEORGES-BRASSENS, LATTES (HERAULT), LE 13 NOVEMBRE . Annie Wypychowski, présidente locale de la FCPE, présente les résultats d'un sondage effectué auprès d'élèves : à près de 90 %, ils trouvent les WC sales et malodorants. (LP/TOPSUD.)
«LES WC ? Ils sont sales, ils sentent mauvais, la plupart du temps, il y a de l'urine partout par terre... Et en plus les portes ne ferment pas. Des garçons les ouvrent ou regardent par-dessus. La dernière fois, ils avaient attrapé une fille, ils l'ont poussée dans la cabine où je me trouvais. Je n'aime pas du tout cela. Alors je n'y vais pratiquement jamais, je me retiens », raconte Vincent, élève de 11 ans et demi de sixième au collège Georges-Brassens de Lattes.
Le témoignage de Vincent n'a rien d'exceptionnel. Les toilettes des collèges et de certaines écoles sont réputées inhospitalières, pratiquement jamais chauffées, mal éclairées, rarement surveillées.
« Le sujet est tabou, personne ne veut l'aborder. Et pourtant il y a un vrai malaise », constate Annie Wypychowski, de la FCPE, qui vient de partir en croisade pour obtenir de l'administration des WC au moins en état de marche.
Les parents d'élèves ont même effectué un sondage à partir d'un échantillon de 200 élèves sur 778.
Les réponses à ce questionnaire sont édifiantes.
Un tiers des enfants avouent fréquenter facilement ou assez facilement les WC.
Les autres n'y vont jamais (30 % !) ou difficilement (40 %).
En général, ils estiment que les installations sont sales (84 %), malodorantes (88 %), dépourvues de papier (60 %) et de fermeture de porte (51 %).
« Un jour c'est propre, un jour c'est sale. C'est un peu mieux nettoyé et il y a du papier depuis que les parents ont sorti le sondage », explique une jeune fille de 14 ans qui préfère attendre de rentrer à la maison pour faire ses besoins. « L'histoire n'est pas nouvelle, nous avons toujours fait en sorte de nous retenir », ajoute sa grande soeur, aujourd'hui élève au lycée Champollion.
« Les garçons ne tirent jamais la chasse d'eau »
« La direction de l'établissement n'a pas été associée à ce sondage et je suis très étonnée que mon établissement soit ainsi montré du doigt. Nous sommes confrontés à un problème d'éducation des élèves. Les garçons, par exemple, ne tirent jamais la chasse d'eau », proteste Anne Marie Albert-Anglaret, la principale du collège qui va mettre en place rapidement des séances d'éducation à la propreté et à l'hygiène alimentaire.
Mais les parents d'élèves ne désarment pas. Ils ont saisi toutes les autorités compétentes jusqu'au Premier ministre, Jean Pierre Raffarin, qui vient de transmettre le dossier aux deux ministres de tutelle, Luc Ferry et Jean-François Mattei.
« Ce n'est pas simplement un souci de confort pour les enfants, c'est aussi un problème de santé publique », ajoute Annie Wypychomspki.
Le Parisien , mardi 18 novembre 2003