Les besoin d'un enfant

Publié le par Jammiii

« Un enfant doit uriner cinq, six fois par jour... »



En ce moment je poste pas mal de PQ news en rapport avec les toilettes scolaires. Il me reste encore 3 articles à poster et j'ai fini la série "les toilettes à l'école".
Ces articles sont importants, et à ne pas prendre à la légére.




Pr MICHEL AVEROUS, urologue

UROLOGUE-PÉDIATRE, chef de service au CHRU de Montpellier, le professeur Michel Averous se bat depuis des années pour que l'on améliore sérieusement les conditions sanitaires dans les établissements scolaires. Sans être entendu.
Ce problème est-il si important ?

P r Averous. Chaque année, 500 enfants - exclusivement des fillettes - viennent consulter dans mon service pour des problèmes d'infection urinaire et de fuite. Il s'agit d'un handicap social et psychologique pour l'enfant. Mais c'est aussi une lourde charge économique pour la société tout entière. Car une infection urinaire, cela signifie une consultation, une analyse bactériologique des urines et la prescription d'antibiotiques. Faites le calcul et multipliez par le nombre de services d'urologie en France. Si on veut réaliser des économies avec la Sécurité sociale, il faut commencer par apprendre à nos enfants à uriner et leur offrir de bonnes conditions pour le faire, refaire les toilettes des établissements par exemple.

Peut-on réduire le nombre des infections en réhabilitant les WC scolaires ?
Une vessie qui ne se vide pas complètement ou pas assez souvent est sujette à des infections. Un enfant doit pouvoir totalement vider sa vessie cinq ou six fois par jour, dont deux, voire trois fois pendant le temps scolaire. Encore faut-il qu'il ne soit pas découragé de se rendre au petit coin parce qu'il n'y rencontre pas toujours des conditions correctes d'hygiène, d'intimité et de tranquillité. Pour bien faire pipi, on doit prendre son temps, être totalement détendu, avoir les genoux bien écartés et non entravés par les vêtements. Ce sont des conditions impossibles à satisfaire lorsque le sol est souillé ou mouillé et lorsque la porte des toilettes ne ferme pas.

Avez-vous le sentiment d'être entendu ?
Nullement. La communauté médicale des urologues et des pédiatres connaît ce problème. Elle l'a identifié depuis longtemps. Mais la diffusion de ses conclusions n'a pas encore pu se faire auprès des personnels qui doivent gérer la vie scolaire des enfants. C'est essentiellement un problème d'information à la fois des parents, des enseignants et des enfants. Il faut intégrer l'acte dans l'emploi du temps, s'assurer que les locaux sont adaptés, suffisamment nombreux et conformes aux règles élémentaires d'hygiène. Il ne s'agit pas de mettre en cause l'institution elle-même, mais pourquoi ne pas lancer une grande campagne nationale sur ce thème ? Ou bien créer des dames pipi dans les écoles ? Ce qui serait une source importante d'économie pour la Sécurité sociale.

Propos recueillis par Claude Massonnet
Le Parisien , mardi 18 novembre 2003
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Publié dans Papier Q News

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