Les WC des écoles du Cameroun
Hygiène : Odeurs de Wc dans des écoles
Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
2 Décembre 2005
Publié sur le web le 2 Décembre 2005
par Cathy Yogo
Vétusté des équipements, absence d'eau et d'entretien dans certains établissements de Yaoundé.
Une odeur fétide s'échappe des Wc de l'école publique de Melen, à Yaoundé. A l'intérieur de certains des six boxes réservés aux élèves, des latrines turques. Délabrées et crasseuses, elles sont répugnantes. Et malgré la pénombre causée par l'absence d'ouverture, on peut observer des excréments sur le sol et de l'urine qui y stagne. C'est pourtant dans ces toilettes que doivent se soulager les deux mille élèves de cet établissement.
"Incapables de régler nos factures, nous avons été privés d'eau. Obligé d'en puiser dans une laverie voisine, l'agent chargé de l'entretien des toilettes n'en recueille que le minimum pour faire le ménage le vendredi. Et ce, uniquement avec de l'eau et du savon.
Sinon, le reste du temps, les lieux sont vraiment insalubres", avoue l'un des responsables de l'école, qui ne décline pas son identité. Déjà insuffisants pour satisfaire les enfants, les lieux d'aisance de l'école de Melen sont également utilisés par des personnes étrangères à l'établissement qui profitent de l'absence d'un vigile à l'établissement pour se soulager, révèle notre interlocuteur.
L'insalubrité observée dans les toilettes de l'école publique de Melen est d'ailleurs le lot de beaucoup d'écoles publiques et privées, aussi bien maternelles que primaires, de la ville de Yaoundé. À l'école maternelle publique de Nkolndongo, par exemple, outre la vétusté des équipements, il manque le papier hygiénique et le savon pour que les enfants se lavent les mains après s'être soulagés. Un manquement que la directrice refuse d'expliquer. Pour sa part, une maîtresse pense que "le budget consacré à l'entretien des toilettes n'est pas important. A peine a-t-on payé l'agent d'entretien qu'il ne reste presque plus grand-chose. Nous sommes donc obligés d'acheter ne serait-ce que le Crésyl pour désinfecter", dit-elle.
Education
A l'école publique d'Essos, délabrées, les toilettes ont ceci de particulier qu'à travers les ouvertures, les élèves peuvent partager à loisir l'intimité de leurs camarades. Cependant, dans certaines écoles comme celle d'Ekerezok, du côté de Nkolbisson, il n y a simplement pas de toilettes. Et pressés par l'envie d'aller aux Wc, les élèves disent le faire dans les maisons voisines. Une situation vieille de 3 ans et dont les voisins se plaignent déjà.
Par contre, il y a des écoles qui se démarquent par la propreté de leur Wc. C'est le cas de l'école maternelle du Parc Repiquet où les sanitaires sont modernes. Après chaque récréation, le responsable les nettoie à grande eau, et avec des désinfectants. C'est la même attitude au groupe scolaire la Gaité.
Ailleurs, face à l'insalubrité généralisée, et malgré une envie pressante, certains élèves n'accèdent pas aux toilettes de leur école.
Ils se soulagent sous les arbres ou dans d'autres coins isolés. Par conséquent, c'est tout l'établissement qui est investi par les microbes et les bactéries que produisent les excréments laissés un peu partout. Conscients de cette situation, les responsables du ministère de l'Education de base disent qu'ils prendront des mesures pour pallier à cette situation.
Cependant, ils accusent la modicité des finances dont ils disposent et la mauvaise éducation des élèves. "Les enfants viennent d'horizons divers. Il y en a même qui n'ont jamais utilisé des latrines modernes. Il devient donc urgent de le leur enseigner, au même titre que l'on le ferait pour les autres matières", explique Gabriel Djan Pondi, inspecteur d'arrondissement de Yaoundé II.
Source : allafrica.com